En résumé

Dans les situations stressantes, nous avons tendance à nous en demander énormément, voire trop, alors même que nous n’avons pas les moyens de répondre à ces exigences. S’active en nous une irrépressible obligation de résultat qui peut, dans le meilleur des cas, nous pousser à chercher ponctuellement des moyens supplémentaires. Cependant ce n’est pas suffisant pour faire baisser le niveau de stress face à l’exigence. L’enjeu est de transformer l’exigence en objectif avant de mettre en œuvre les moyens sur lesquels s’est construit cet objectif ; c’est cette dynamique qui permet de réduire le stress.

Pourquoi l’utiliser ?

Objectif

  • Faire baisser le niveau de stress.
  • Mettre en phase les objectifs et les moyens.
  • Se connecter aux ressources réelles et disponibles pour pouvoir agir. 
  • Accepter le risque de l’échec.

Contexte

Exiger, c’est, selon le Robert, « demander impérativement ce que l’on a, croît ou prétend avoir le droit, l’autorité ou la force d’obtenir ». L’exigence revêt donc un caractère absolu et engendre une charge émotionnelle très forte qui nous coupe de nos ressources et de nos capacités en nous donnant une perception subjective de la réalité. En situation d’exigence, le vécu est celui d’une montagne de demandes impératives avec, à disposition, un petit panier de moyens ; ce qui génère du stress. Pour réduire ce stress, il convient d’inverser le sens de la pyramide en augmentant le contenu du panier de moyens et en transformant les exigences en objectifs. Il s’agit d’ôter à l’exigence, l’obligation de résultat qu’elle lie inexorablement à l’objectif.

Comment l’utiliser ?

Étapes

  1. Choisir et décrire une situation stressante.

  2. Définir l’exigence associée à la situation et le niveau de stress associé : en quelques mots, décrire ce qu’il faut à tout prix atteindre et ce qu’il faut à tout prix éviter dans cette situation et attribuer un niveau de stress associé, sur une échelle de 1 à 10.

  3. Lister les moyens réels à disposition et leurs degrés de réussite : les moyens sont ici entendus comme moyens personnels et disponibles immédiatement. Au moment où est ressenti le stress, identifier les moyens, qui sont instantanément présents à l’esprit, pour gérer la situation. Pour chaque moyen, quel est son pourcentage de réussite.

  4. Augmenter les moyens : lister d’autres moyens réels, imaginés, farfelus.

  5. Sélectionner les moyens à mettre en œuvre : faire le tri entre moyens réalistes et moyens farfelus.

  6. Évaluer le pourcentage de réussite et le degré de stress associé aux moyens sélectionnés.

  7. Travailler sur l’exigence : à partir des moyens réels et réalistes identifiés, reformuler un objectif à la fois réaliste et ambitieux, en intégrant le risque de l’échec.

  8. Définir un plan d’action : à partir de l’objectif redéfini et des moyens identifiés, établir un plan d’action classique : classer les actions à mettre en œuvre pour atteindre l’objectif ; pour chaque action, mentionner les ressources associées et donner une échéance.

  9. Évaluer le niveau de stress : sur une échelle de 1 à 10.

Méthodologie et conseils

  • Dans la recherche de moyens supplémentaires, laisser libre cours à la créativité, à l’intuition…

  • Prendre le temps de bien creuser chaque étape, tant ce qui se cache derrière l’exigence que la collecte de moyens possibles

Avantages
  • La pyramide Moyens / Exigences est un exercice puissant que l’on peut réaliser en individuel ou en collectif.

Précautions à prendre
  • Pour une personne très sensible aux résultats, à la réussite, le temps alloué à la recherche de moyens peut être longue avant d’accepter de réduire son exigence. Il convient de travailler en parallèle l’acceptation de l’échec.

Comment être plus efficace ?

Comprendre le stress lié à l’exigence

Selon l’Agence Européenne de la Santé au Travail, « il y a stress lorsque nous avons la perception que les contraintes qui nous sont imposées est supérieure à la perception des ressources nous permettant d’atteindre les contraintes ».

Lorsqu’une exigence apparaît, elle englobe un objectif et une obligation de résultat. C’est ce dernier paramètre qui va focaliser toute notre attention. « Il faut que j’obtienne ce résultat », « Je dois absolument réussir », « Je ne peux pas échouer »… Nous sommes tellement obnubilés par le résultat que nous ne voyons pas les moyens à notre disposition. Notre perception de la réalité et de nos ressources est faussée. Nous ne voyons que le problème et l’obligation de le résoudre.

Chercher ce qui se cache vraiment derrière l’exigence

Souvent derrière l’exigence se dissimulent des éléments de l’ordre de l’image sociale, c’est-à-dire que nous donnons la priorité au regard des autres avant notre propre regard. Nos pensées tournent en rond autour de « Que va en penser… mon patron, mon client, mon enfant, mon compagnon… ? » « De quoi vais-je avoir l’air par rapport aux autres ? »… Un moyen de travailler sur l’exigence – et d’en réduire le stress associé - est de creuser les injonctions qui s’imposent de prime abord et qui bloquent notre gouvernail sur « Il faut… ». En questionnant ces injonctions, nous allons probablement tomber sur la peur de ce que les autres vont penser de nous. La prise de conscience de ce point capital permet de réduire la pression de l’obligation de résultat et de se réapproprier la responsabilité et la marge de manœuvre nécessaires pour pouvoir ramener l’exigence à un niveau d’objectif et se mettre en action.

Il se peut également que l’on réalise qu’une part de l’exigence est donnée par un autre (le manager en entreprise, par exemple). Dans ce cas, ne pas hésiter à évaluer en début et en fin d’exercice, si l’exigence vient plus de moi ou de l’extérieur.

Considérer tous les moyens, les plus sérieux comme les plus farfelus

Toutes les idées sont à priori à considérer. Dans la phase de collecte de moyens, ne pas brimer la créativité. Ensuite, au moment du tri, ne pas hésiter à prendre du temps pour creuser les idées qui paraissent décalées pour voir si ne se cacherait pas derrière un moyen pertinent.

Prendre en compte le risque d’échec

L’échec fait partie de la réalité. L’occulter n’est ni souhaitable ni réaliste. Pour tester la peur de l’échec, se poser la question « Et si j’échoue, comment je me sens ? ». Au début de l’exercice, la réponse serait « Je ne peux pas échouer ! ». Il est probable qu’après avoir travaillé sur les moyens et l’exigence, la réponse sera « Je n’ai pas envie d’échouer mais si ça arrive, je me sentirais mal ». Evidemment, l’échec n’est pas souhaitable, mais le rapport à l’échec a évolué avec l’exercice car nous sommes partis de moyens réels pour construire des objectifs au lieu de chercher des moyens pour atteindre des objectifs.

EXEMPLE Prise de parole en public

Madame Pro doit, dans un mois et pour la première fois, prendre la parole dans un congrès professionnel international. Bien qu’elle soit experte dans son domaine et qu’elle maitrise bien l’anglais, elle est très stressée à la perspective de cette échéance. Elle est anxieuse mais la perspective de sa prise de parole ne lui est pas douloureuse. Elle décide de faire l’exercice de la pyramide Moyens / Exigences.



Ressource : Clotilde Huet, Gaëlle Rohou, Laurence Thomas - La boîte à outils du Bien-être au travail (Outil 51)

Modifié le: lundi 3 novembre 2025, 12:49