CNV
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AUGMENTER NOTRE CAPACITÉ À ENTRETENIR DES RELATIONS DE QUALITÉ ET DÉVELOPPER LA CONSCIENCE DE NOS CHOIX

En résumé
Dans les années 70, Marshall B. Rosenberg, docteur en psychologie clinique, élabore un processus de communication, accessible à tous, répondant à son désir de « renforcer notre capacité à améliorer notre relation à autrui et à résoudre les différends dans un esprit de bienveillance » envers l’autre et envers soi. La Communication NonVio-lente® (CNV) permet d’augmenter l’empowerment personnel, d’améliorer les relations interpersonnelles et de contribuer à une culture qui favorise la prise en compte de tous.
Pourquoi l’utiliser ?
Objectif
Accroître son bien-être en améliorant sa façon de s’exprimer, d’écouter et d’être en relation.
Instaurer une relation de confiance qui favorise la prise en compte de chacun.
Développer la créativité à prendre soin des besoins de tous.
Contexte
La CNV est « une invitation permanente à concentrer notre attention là où nous avons le plus de chances de trouver ce que nous cherchons ». Elle se pratique de trois manières : dans l’auto-empathie (relation à soi), l’expression authentique et l’écoute empathique. Elle vise à développer notre capacité à choisir, à agir et à communiquer d’une manière qui prenne en compte les besoins de chacun. Elle s’appuie sur le constat que les jugements, les émotions et sentiments, les choix et les actes sont des expressions de nos besoins.
Comment l’utiliser ?
Étapes
Transformer les jugements : la pratique de la CNV repose sur le constat que les jugements moralisateurs n’orientent pas notre énergie vers ce que nous voulons et peuvent être transformés. « Tu n’es pas motivé » et « Je n’ai pas le temps » sont l’expression tragique de besoins.
Observations : il s’agit de partager, le plus précisément possible, les perceptions de la réalité qui nous impactent, en les distinguant des jugements et interprétations. « Ce mois-ci, Pierre, tu es resté à ton poste pendant les deux réunions de service », « J’entends que tu n’as pas le temps ». L'objectif est de décrire la situation de manière purement factuelle, comme une caméra l'aurait enregistrée. Il faut séparer les faits (observables) des jugements (interprétations).
- Qu'ai-je vu concrètement ? (Ex: "J'ai vu mon collègue regarder son téléphone pendant que je parlais.")
- Qu'ai-je entendu (verbatim si possible) ? (Ex: "J'ai entendu la phrase : 'Tu n'as pas encore fini ce dossier ?'")
- Quand et où cela s'est-il passé ? (Ex: "Mardi, à 14h, lors de la réunion d'équipe.")
Pièges à éviter (Ce n'est pas une observation) :- Jugements : "Il était irrespectueux." (C'est une interprétation).
- Généralisations : "Il est toujours en retard." (L'observation serait : "Il est arrivé à 9h15 aux trois dernières réunions.")
- Lectures de pensée : "Il voulait m'énerver." (C'est une supposition).
Sentiments : les sensations corporelles, émotions et sentiments sont des baromètres précis du bien-être. Employer que ou comme après le verbe sentir marque plus une opinion qu’un sentiment. « Pierre, je suis déçu… », « Pierre, es-tu agacé ? » L'objectif est d'identifier les émotions et ressentis purs qui se sont manifestés en vous suite à l'observation.
Comment je me sens (ou me sentais) face à ces faits ? (Utilisez des mots d'émotions : "Je me sens...")
En colère/Triste/Apeuré.e/Inquiet.e/Frustré.e/Déçu.e/Irrité.e/Perplexe/Confus.e/...
Pièges à éviter (Ce n'est pas un sentiment CNV) :
Les "faux sentiments" (qui cachent un jugement sur l'autre) : "Je me sens... trahi(e)" (signifie : "J'estime que tu m'as trahi") manipulé(e)"/ignoré(e)"/pas respecté(e)"
La bonne formulation : Si vous pensez "Je me sens ignoré", le vrai sentiment pourrait être : "Je me sens triste et frustré(e)."Besoins : le cœur du processus consiste à reconnaître, dans le moment présent, l’importance des besoins qui sont la cause des sentiments et des jugements. Il s’agit de permettre à chacun de prendre la responsabilité de ses besoins et d’être pris en compte. « …parce que j’ai besoin de coopération pour relever les défis de notre organisation », « …parce que tu as besoin de compréhension pour ton engagement actuel ? » L'objectif est d'identifier le(s) besoin(s) fondamental(aux) et universel(s) qui n'ont pas été satisfaits (ou qui ont été satisfaits) et qui sont la source de vos sentiments.
De quoi avais-je besoin à ce moment-là ? (Quel besoin fondamental n'a pas été nourri ?) Respect / Considération, Soutien / Coopération, Clarté / Compréhension, Besoin d'Efficacité / Contribution, Besoin d'Autonomie / Liberté de choix, Besoin de Sécurité (émotionnelle, physique),Besoin d'Appartenance / Connexion,...
Pièges à éviter (Ce n'est pas un besoin) :- Les stratégies : "J'ai besoin que tu arrives à l'heure." (C'est une action souhaitée, pas le besoin).
- Le besoin caché : Le besoin derrière "J'ai besoin que tu arrives à l'heure" pourrait être : un besoin de respect (de mon temps) ou d'efficacité (pour la réunion).
- Désigner l'autre : "J'ai besoin de toi." (Le besoin est plutôt : "J'ai besoin de soutien.")
Demandes : les demandes de relation ou d’action permettent d’entrer en relation et de trouver des manières concrètes, réalistes, positives et négociables d’augmenter nos chances de trouver une solution satisfaisante pour chacun. « Est-ce que nous pouvons regarder les points de l’ordre du jour où ta présence est importante ? » L'objectif est de formuler une demande claire, concrète, positive et négociable (ce n'est pas une exigence) pour nourrir le besoin identifié.
Que puis-je demander (à l'autre ou à moi-même) pour prendre soin de mon besoin ? (La demande doit être formulée au présent, réalisable et positive.)
Formulation de la demande : "Serais-tu d'accord pour..." (Ex: "Serais-tu d'accord, lors de nos prochains échanges, pour poser ton téléphone et me regarder quand je te parle ?")
Pièges à éviter (Ce n'est pas une demande CNV) :- Une exigence : "Je veux que tu..." (Une demande accepte un "non" comme réponse, ouvrant alors une négociation).
- Une demande négative : "Peux-tu arrêter d'être désagréable ?" (Négatif et flou).
- Une demande floue : "J'aimerais plus de respect." (Ce n'est pas une action concrète. Que doit faire la personne ?).
La bonne formulation : "Serais-tu d'accord pour utiliser un ton de voix plus bas et éviter les interruptions quand nous sommes en désaccord ?" (C'est concret et positif).
Méthodologie et conseils
La CNV est une manière d’être en relation avec soi et avec l’autre qui dépasse largement la gestion des conflits. L’auto-empathie, la relecture d’expériences agréables ou non, est la manière la plus sûre de commencer à pratiquer la CNV. Elle augmente la disponibilité au dialogue et la créativité.
Avantages
La CNV augmente le pouvoir personnel de choisir, la disponibilité au dialogue, la coopération, même si l’autre ne pratique pas.
Précautions à prendre
Pratiquer la CNV dans des systèmes qui favorisent la compétition et la répression demande beaucoup d’énergie et de pratique. Il est recommandé de s’entourer de personnes ressources pour recevoir du soutien.
Ressources :
- Marjorie Danna & Cécile Neuville - Pro en Gestion de conflits (Fiche 19)
- Clotilde Huet, Gaëlle Rohou, Laurence Thomas - La boîte à outils du Bien-être au travail (Outil 22)
CNV(OBSD)
1. O = Observation (Les faits concrets)2. S = Sentiments (Mes émotions)
3. B = Besoins (Ce qui est important pour moi)
4. D = Demande (Une action concrète)